J-5 avant l’élection des gouverneurs en RDC

J-5 avant l’élection des gouverneurs en RDC

A moins d’une semaine du début des élections des gouverneurs, Afrique centrale fait le point sur les enjeux de ce scrutin qui va voir le nombre de provinces en RDC passer de 11 à 26. Un redécoupage administratif du territoire congolais qui ne fait pas l’unanimité, mais le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur se montre plutôt confiant quant à la bonne tenue et aux résultats de ce vote pas comme les autres.

 

Destinées à élire les gouverneurs des provinces nouvellement créées, les prochaines élections font grincer de nombreuses dents. Premier élément de tensions : le calendrier finalement arrêté par le gouvernement. Le scrutin aura lieu entre le 27 juillet et le 13 août alors que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) préférait ne pas précipiter les choses.

 

Et c’est peu dire que les points de vue divergent sur la question. L’opposition dénonce un coup de force du gouvernement qui s’arroge les attributions de la Céni. Baudouin Mayo Mambeke, cadre de l’opposition proche de Vital Kamerhe explique que « le moins que l’on puisse dire est qu’en RDC, il n’y a pas de Constitution, il n’y a que la volonté d’une personne ». Une accusation à laquelle répond le vice-ministre chargé de l’Intérieur, Evariste Boshab, de la manière suivante : « dans notre pays, l’organisation des élections est de la compétence exclusive de la Ceni. Mais, politiquement, nous le gouvernement, nous devons dire que dans telle période, en tel endroit, ce qui doit être accompli, se réalisera ».

 

Dans les provinces, les réactions varient aussi. Les députés provinciaux se déclarent contents du redécoupage de l’ancienne Province Orientale qui va donner naissance à quatre nouvelles provinces. Certains députés s’inquiètent toutefois de voir l’actuel gouvernement provincial continuer à remplir sa mission. Critique à laquelle Jean Bamanisa, gouverneur de l’ancienne Province Orientale, répond en soulignant qu’un départ immédiat entraînerait un vide juridique préjudiciable. Le gouverneur conclut en ces termes : «ce sont des personnes qui sont trop pressées et qui doivent lire la loi et savoir que l’autorité de l’Etat s’exerce».

 

Les tensions sont donc palpables et l’on peut souhaiter que tout se passera bien malgré le sentiment de précipitation que toute cette affaire laisse sur la langue de nombreux congolais. Eviter une nouvelle crise semble indispensable pour remettre sur pied un pays encore fragile et qui ne peut se permettre de voir les principes démocratiques bafoués.

Publié le 22 juillet 2015 à 10 h 03 min par Jean-Yves Denis

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