Pierre Péan sous le feu gabonais

Pierre Péan sous le feu gabonais

Pierre Péan, le célèbre journaliste français n’a pas que des amis en Afrique. L’auteur de Nouvelles affaires africaines s’est attiré les foudres d’Ali Bongo et ses proches avec plusieurs accusations qui délégitiment le président gabonais. Dans une réponse sous forme de livre, Patrick Mouguiama-Daouda, conseiller spécial du président, attaque frontalement le travail de journaliste de Pierre Péan.

 

« M. Péan est un silure » et n’appartient « ni dans la catégorie des journalistes, ni dans la catégorie des scientifiques, ni celle des écrivains ». Les mots sont particulièrement durs et reflètent une haine non voilée à l’endroit de l’auteur de Nouvelles affaires africaines. Le portrait que dresse Patrick Mouguiama-Daouda de Pierre Péan est une manière de décrédibiliser les accusations portées à l’encontre du président gabonais Ali Bongo. La position de M. Mouguiama-Daouda n’est pas neutre puisque l’universitaire est aussi et surtout conseiller spécial auprès du président.

 

Ce livre est un service commandé pour étouffer les accusations de triche et les révélations sur les origines d’Ali Bongo. Elu au premier tour avec 41 % des voix en 2009, Ali Bongo avait été accusé par l’opposition de coup d’Etat électoral. Pierre Péan estime dans son ouvrage que l’actuel président est en fait arrivé deuxième voire troisième de l’élection et n’est donc pas à sa place dans le palais présidentiel. Des accusations récusées d’un revers de la main par Patrick Mouguiama-Daouda.

 

Autre dossier qui a fortement déplu à Libreville, les accusations sur les origines supposées d’Ali Bongo. Selon Pierre Péan, Ali Bongo ne serait pas le fils biologique d’Omar Bongo, et serait en fait originaire du Biafra au Nigeria. Neuf pages du livre du conseiller du président sont dédiées à la réfutation de cette accusation. « Quelle est la seule preuve que Pierre Péan apporte pour dire qu’Ali Bongo n’est pas Gabonais ? Il cite une certaine Thérèse qui dit avoir travaillé à l’hôpital de Brazzaville. Il cite Ibrahim Babangida [à la tête de la junte qui dirigea le Nigeria de 1985 à 1993] qui est mort. Il cite Sani Abacha [à la tête du Nigeria de 1993 à 1998] qui est mort ! Vous pensez que c’est de la science ça ? ». Un livre réponse pour dénoncer celui qui veut « se faufiler entre les eaux mais nous l’avons attrapé avec une bonne ligne de fonds ». Pierre Péan appréciera.

Publié le 16 juillet 2015 à 10 h 05 min par Emmanuel Samba

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