La Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale suit-elle le chemin de l’Union européenne ?

La Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale suit-elle le chemin de l’Union européenne ?

La douzième session ordinaire de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale qui s’est conclue le 6 mai dernier à Libreville au Gabon a vu son  communiqué final autoriser la libre circulation des citoyens de la sous-région dans les six pays qui constituent l’espace CEMAC. Une décision extrêmement positive selon l’essayiste et critique littéraire congolais Noël Kodia même s’il juge que les gouvernements doivent faire des efforts pour que la pratique soit aussi bénéfique que ne le laisse présager la théorie.

 

Si l’Union européenne et la zone euro traversent une grave crise existentielle, d’autres Etats gardent à l’esprit que la libre circulation des hommes et des capitaux a été une formidable expérience économique et culturelle. La Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC) – qui regroupe Cameroun, République centrafricaine, République du Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad – entend accélérer l’intégration en autorisant la libre circulation des ressortissants de la sous-région. Une idée forte exprimée dans le communiqué final de la dernière session ordinaire de la CEMAC à laquelle souscrit le critique littéraire Noël Kodia.

 

Ce dernier juge que « la liberté de circulation des personnes favorise la connaissance mutuelle entre les peuples » et que l’héritage linguistique commun est une force car il permet de « communiquer sans intermédiaire. […] L’usage commun du français peut estomper les quiproquos langagiers. Cette libre circulation des personnes réduit l’ignorance et la peur des autres que l’on peut maintenant côtoyer. Et cette cohabitation pourrait annihiler la haine envers l’autre et empêcher certains conflits, particulièrement frontaliers. Aussi, peuvent se concrétiser l’intégration physique et l’aménagement de la sous région ».

Sur le plan économique, Noël Kodia estime que le Franc CFA favorise la libre circulation des capitaux en tant que monnaie commune. La formation, à terme, d’une interdépendance économique « devrait atténuer les tensions sociales et politiques entre les pays avec les défis de la Gouvernance et l’amélioration de l’environnement des affaires ». Mais pour transformer l’essai, les autorités doivent lancer des programmes afin d’habituer les populations aux échanges et éviter le phénomène de xénophobie qui prend racine partout.

 

Publié le 15 juillet 2015 à 10 h 04 min par Mathilde Grandjean

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