Une visite à Paris très positive pour Sassou-Nguesso

Une visite à Paris très positive pour Sassou-Nguesso

Le président congolais Denis Sassou-Nguesso (DSN) a rencontré son homologue français, François Hollande, au Palais de l’Elysée, mardi 7 juillet dans l’après-midi, alors que celui-ci rentrait à peine de sa tournée africaine. Il y a été question du rôle de la République du Congo dans la stabilisation de la crise centrafricaine et son exemplarité en matière de lutte contre le réchauffement climatique, qui en fait un partenaire privilégié pour la France à l’approche du sommet international sur l’environnement (COP21) qui sera tenu à Paris en 2015. DSN est rentré à Brazzaville le 9 juillet manifestement ragaillardi par sa visite de travail en France.

 

Voilà une bonne nouvelle pour DSN : sa visite s’est largement mieux passée que ne l’espérait son opposition et que ne le laissaient craindre de précédentes déclarations de François Hollande sur l’intangibilité des règles constitutionnelles. Le rencontre s’est déroulée dans un contexte politique plutôt tendu car le chef de l’Etat congolais a convoqué un dialogue national pour évoquer la gouvernance électorale et la réforme des institutions. Beaucoup d’opposants soupçonnent le président de préparer une réforme de la Constitution pour briguer un nouveau mandat en 2016 et se maintenir au pouvoir. Ils demandaient une position ferme de la France.

 

Reçu au pied du perron de l’Élysée, puis en tête à tête par Hollande pendant plus d’une heure (la réunion élargie n’a duré qu’une quinzaine de minutes), DSN a longuement exposé à son hôte son projet d’évolution des institutions congolaises (dialogue national, puis référendum sur le changement de la Constitution), en précisant qu’il s’agissait pour l’instant d’une probabilité et que le dernier mot reviendrait au peuple. Les observateurs attentifs noteront également que la Présidence française évoque, en termes nouveaux, la perspective d’une possible évolution constitutionnelle congolaise. Loin de proscrire, comme François Hollande avait pu le laisser entendre par le passé, toute évolution institutionnelle en Afrique, l’Elysée se contente de rappeler qu’une modification constitutionnelle, quelle qu’elle soit, doit se faire dans le consensus.

 

Les deux chefs d’Etat semblent être sur la même ligne, autrement dit, la présidentielle congolaise de 2016 doit se dérouler dans le calme et la stabilité. Le président Dos Santos aurait par ailleurs confié que, contrairement à 1997, si des violences éclatent au Congo, l’Angola n’interviendra pas pour soutenir Denis Sassou-Nguesso. De nombreux observateurs y verront probablement une victoire pour la diplomatie congolaise, compte tenu des tensions et des incompréhensions qui régnaient auparavant. La France semble reconnaître le droit à l’auto-détermination congolais au vu des les très larges consultations qui ont précédé le dialogue national qui s’ouvrira dans quelques jours. Ces manifestations ont montré que la réflexion sur l’adaptation des institutions congolaises n’était pas hors de propos, et ont de ce fait convaincu François Hollande.

 

Alors même que le calendrier européen était particulièrement chargé, référendum grec oblige, et que les concertations franco-allemandes battaient leur plein, François Hollande et Denis Sassou Nguesso ont néanmoins pris le temps de discuter des problématiques régionales en profondeur. Outre les problématiques de gouvernance propres au Congo même, les deux chantiers prioritaires du moment étaient la résolution de la crise en Centrafrique et la préparation de la conférence mondiale sur le réchauffement climatique qui aura lieu à Paris, à la fin de l’année. Les deux présidents « ont évoqué le processus de sortie de crise en République centrafricaine », précise un communiqué de l’Élysée, et se sont félicités « des progrès importants réalisés dans la sécurisation du pays et la réconciliation nationale ». François Hollande et Denis Sassou-Nguesso sont convenus qu’il convenait désormais « d’assurer la pleine mobilisation de la communauté internationale pour apporter un soutien renforcé au processus électoral et permettre la tenue du scrutin présidentiel aux dates prévues ».

 

François Hollande a également salué la mobilisation de la République du Congo en faveur du succès de la Conférence de Paris sur le climat. Il a confirmé au Président congolais que l’Afrique, continent le plus exposé aux changements climatiques, devait bénéficier d’une attention particulière dans le cadre des négociations en cours pour parvenir à un accord global à Paris. L’axe Paris-Brazzaville est aujourd’hui plus que jamais renforcé, ne se fondant plus sur des intérêts géopolitiques mobiles, t un paternalisme post colonial très décrié en Afrique, mais sur une réalité objective : l’avenir de l’Afrique passe d’abord et avant tout par la préservation de la paix sur le continent, car seul un système politique solide permettra le développement du continent.

 

 

Publié le 13 juillet 2015 à 10 h 42 min par Marc Lallemand

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