Les éléphants gabonais victimes des chasseurs d’ivoire

Les éléphants gabonais victimes des chasseurs d’ivoire

La police gabonaise a mis la main sur un impressionnant stock d’ivoire caché chez un militaire. Cent cinquante kilos ont été retrouvés et le plus inquiétant est que le trafic est en train d’exploser dans un pays qui abrite la moitié des pachydermes de la forêt d’Afrique. Les ONG appellent à un changement plus rapide du code forestier qui dissuaderait plus efficacement les braconniers.

 

Le 29 juin, deux trafiquants d’ivoire ont été arrêtés dans la capitale gabonaise. La raison : 150 kilos d’ivoire manifestement issus du braconnage ont été saisis. Il s’agit plus précisément de six grosses pointes dont la taille assez exceptionnelle en fait des « articles » très recherchés en Asie. Selon Luc Mathot, responsable de l’ONG Conservation Justice, le prix peut monter jusqu’à 300 000 euros en Chine. La même ONG fait savoir dans un communiqué de presse que l’ivoire était « gardé » chez un militaire de l’état-major général des armées. Ce dernier a affirmé aux policiers qui l’ont interrogé que les 150 kilos retrouvés à son domicile y avaient été placés « à son insu ».

 

La présence d’un militaire dans ce trafic n’est pas une première. Déjà en juin, deux autres militaires gabonais ont été directement impliqués dans ce type d’affaire. Des éléments corrompus de l’armée constituent une menace redoutable pour les éléphants. Au cours des dix dernières années, 20 000 pachydermes ont été victimes du braconnage et les filières dans lesquelles sont impliquées des militaires sont souvent les plus actives et destructrices. Le vol, en avril, de 300 kilos d’ivoire au tribunal d’Oyem, (nord du Gabon) avait suscité certaines interrogations. La corruption pourrait jouer un rôle très négatif dans le domaine de la lutte contre le braconnage.

 

L’ONG Conservation Justice espère une réforme rapide du code forestier au Gabon. « Le code forestier est en révision et on espère vraiment que ça va aboutir. Actuellement, la peine maximale pour trafic d’ivoire ou d’autres espèces protégées, c’est six mois. C’est peu dissuasif quand on sait que les sommes en jeu sont quand même assez importantes. Le trafic va continuer évidemment », juge Luc Mathot.

 

 

 

 

Publié le 11 juillet 2015 à 10 h 03 min par Marc Lallemand

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