L’ambassade américaine « prise d’assaut »

L’ambassade américaine « prise d’assaut »

Nouvel épisode dans le chaos traversé par le Burundi. Deux cents étudiants ont forcé l’enceinte de l’ambassade américaine pour y trouver refuge. Les marines américains se sont positionnés pour défendre le bâtiment et la situation est plus que jamais tendue dans la capitale. L’un des Vice-présidents, Gervais Rufyikiri a fui en Belgique.

 

Bujumbura continue de vivre des heures difficiles. A quelques jours des élections législatives, deux cents étudiants sont venus se réfugier dans l’ambassade américaine qu’ils ont investi de manière pacifique en escaladant les grilles ou en passant par-dessous. Ces derniers campaient devant l’ambassade depuis leur expulsion du campus universitaire fin avril par les forces gouvernementales. Forcés par la police de partir, les étudiants se sont finalement « repliés » à l’ambassade des Etats-Unis.

 

Selon l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), les violences au Burundi ont fait 70 morts et 500 blessés depuis le mois d’avril. Les étudiants sont très surveillés par le gouvernement qui les accuse de semer le trouble dans la capitale et dans d’autres régions du pays. La perspective des élections législatives à court terme puis présidentielles le 15 juillet prochain.

 

Autre signe que la tension est palpable, la fuite du deuxième Vice-président du Burundi, Gervais Rufyikiri. Ce dernier est allé se réfugier en Belgique où il a déclaré n’être « plus capable de continuer à soutenir l’attitude du Président de la République dans sa volonté de conduire le peuple burundais sur la voie de l’illégalité ». En prenant position contre la candidature du chef de l’Etat actuel, Gervais Rufyikiri dit avaoir été menacé. Moins certaine, la fuite d’un autre Vice-président, Bernard Busokoza, porterait un coup vraiment dur au jeu politique burundais. Il aurait également fui en Belgique même si l’information reste à confirmer. La réaction de la présidence est sans équivoque puisque on estime que M. Rufyikiri avait « trempé dans la tentative de putsch manqué » contre le président Nkurunziza mi-mai. Un « bon débarras » qui ne laisse pourtant présager rien de bon.

Publié le 26 juin 2015 à 10 h 05 min par Marc Lallemand

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