RDC : attaque de braconnier dans le parc de Garamba

RDC : attaque de braconnier dans le parc de Garamba

Cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées le week-end passé au cours d’un accrochage survenu dans le Parc national de la Garamba, situé dans la province Orientale, dans le nord de la RDC. L’accrochage a eu lieu entre l’armée gouvernementale rd-congolaise (FARDC) et les gardes du parc de Garamba d’un côté, et un groupe de braconniers constitués de rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).

 

Dans la forêt de Nagero les FARDC et les gardes du parc sont tombés dans une embuscade tendue par une centaine de braconniers armés samedi. La société civile de Dungu rapporte que les militaires des FARDC et les gardes du parc revenaient du poste de contrôle de Nagero dans le parc de Garamba. Ils sont tombés dans une embuscade tendue par plus de cinquante braconniers armés. Il y a eu accrochage entre les deux groupes. Le bilan provisoire fait état de deux militaires FARDC – un adjudant et un sergent – ainsi qu’un garde sont morts dans ces combats. Du côté des assaillants, on signale deux morts, dont l’un est identifié comme un déserteur de l’armée soudanaise, ainsi que plusieurs blessés.

 

Ces incidents interviennent après que trois fonctionnaires affectés à la surveillance du parc aient été tués jeudi par des braconniers. Les trois hommes, un garde de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) ainsi qu’un lieutenant et un soldat des Forces armées de la RDC (FARDC), sont tombés jeudi « dans une embuscade tendue par des braconniers lourdement armés, vraisemblablement sud-soudanais », ont annoncé les gestionnaires du parc. ‘Ils avaient été envoyés pour prêter main forte à une autre équipe contre ce groupe », indique un communiqué du réseau African Parks, qui gère le parc de la Garamba de concert avec l’ICCN.

 

Contacté depuis Kinshasa ce lundi, le directeur technique de l’ICCN, Jean Mapilanga, a déploré la mort des agents chargé de la sécurité du parc. Il a demandé aux autorités compétentes de renforcer la sécurité dans le parc pour la protection de la faune, notamment des éléphants qui sont menacés par les braconniers, en quête d’ivoire. Classée au patrimoine mondial de l’humanité, la Garamba est située dans l’extrême nord-est de la RDC, dans une région instable du fait de la présence de nombreux groupes rebelles.

 

Ces attaques interviennent alors que le braconnage d’éléphants est en pleine recrudescence. Les douanes françaises avaient effectué la plus importante saisie d’ivoire depuis dix ans le 27 mai dernier. Les autorités avaient alors annoncé avoir mis la main sur une quantité de 136 kg « d’or blanc » à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle – soit une ne douzaine de défenses d’éléphants en transit vers le Vietnam. Selon les autorités, l’ivoire provenait de la République démocratique du Congo, plus spécifiquement de la forêt de Nagero.

 

La République démocratique du Congo est aux prises avec la problématique du braconnage dans ses parcs nationaux. En mars dernier, trente éléphants ont été tués en quinze jours dans le parc de la Garamba. Les responsables du parc avaient accusé un groupe de braconniers. Selon Jean-Marc Froment, directeur chargé de la Conservation d’African Parks, ONG qui cogère le Parc de la Garamba avec l’ICCN, « un groupe de Soudanais du Nord s’[était] introduit dans le parc, s’[était] réparti en petits groupes et [avait] abattu trente éléphants durant quinze jours »

 

D’après un recensement effectué en 2014, le Parc national de la Garamba abrite quelque 1700 éléphants, ce qui en fait une cible de choix pour les braconniers.  En juin 2014, apprend-on, des braconniers avaient abattu – certains à partir d’un hélicoptère – soixante-huit éléphants en deux mois, soit 4% de la population de pachydermes du parc. Le trafic illégal d’ivoire menace la survie des éléphants d’Afrique. Au rythme de 25 000 à 30 000 animaux abattus par an, la mortalité surpasse désormais le taux de natalité de cet animal. « L’or blanc » est très convoité dans les pays asiatiques dont le Vietnam, la Thaïlande et la Chine. Là, les défenses d’éléphants abattus deviennent des bijoux, des objets d’arts ou des sculptures, très prisées des riches Asiatiques.

 

 

Publié le 25 juin 2015 à 10 h 13 min par Mathilde Grandjean

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