Prévisions pessimistes pour les économies d’Afrique centrale

Prévisions pessimistes pour les économies d’Afrique centrale

Grandement dépendants des revenus du pétrole, la majorité des pays d’Afrique voient avec crainte les cours stagner à des seuils très bas. Une note du groupe Citibank confirme les inquiétudes de ces économies et envisage un rebond qu’à partir de 2016. La diversification des ressources est clé, mais ne se décrète pas du jour au lendemain. L’Afrique centrale n’est donc pas encore sortie de la crise économique.

 

Angola, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Nigeria, Tchad. La liste des pays centrafricains exportateurs de pétrole est longue et laisse la région dans une phase difficile avec des cours qui ont plongé de 40 % au cours des derniers mois. Les devises décrochent et inspirent à Citibank une analyse où il est difficile de percevoir des motifs d’optimisme. Selon cette note, les huit pays africains exportateurs nets de pétrole (dont six appartiennent à l’Afrique centrale) représentent en moyenne un surplus de 2,5 % de croissance par rapport aux pays importateurs entre 2005 et 2014. Une croissance retombée à moins de 1 % entre 2010 et 2014.

 

Pire. Elément qui montre la position délicate de la situation : en retirant l’Afrique du Sud de ces statistiques, les pays exportateurs de brut présentent des performances en deçà de celles des pays importateurs au cours des cinq dernières années. Citibank explique que ce mouvement n’a pas été engendré par la crise, mais a été renforcé. Les pays exportateurs sont donc dans l’obligation de trouver des ressources complémentaires car la trop forte dépendance au pétrole est particulièrement dangereuse. Ces pays sont encore peu industrialisés et les capacités de transformation locale des matières premières demeurent faibles. A l’échelle continentale, Citibank juge que 70 % de la croissance est due à trois facteurs principaux : la démographie, quelques secteurs dynamiques avec en premier lieu la téléphonie et la politique suivie en matière de taux de change.

 

Ainsi, les motifs de réjouissance se cherchent encore. Si le dollar aura bientôt fini sa progression face à l’euro, le décrochage des devises africaines par rapport à la monnaie de référence devrait se poursuivre. Autre donnée à prendre en compte, le baril de brut devrait se monnayer en moyenne à 54 dollars en 2015 avant une remontée à 69 dollars en 2016. Si les prévisions s’avèrent justes, la remontée du cours d’ici à un an sera salutaire pour les pays d’Afrique centrale, mais l’avertissement est sérieux. Les économies de ces pays doivent évoluer si elles ne veulent pas se retrouver dans une situation encore plus catastrophique à la prochaine secousse mondiale.

 

Publié le 22 juin 2015 à 10 h 03 min par Laurent Fronsac

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