Le Tchad interdit la burqa pour éviter les attentats-suicides

Le Tchad interdit la burqa pour éviter les attentats-suicides

La double attaque à la bombe qui a provoqué lundi 15 juin la mort d’au moins 30 personnes à N’Djamena, la capitale du Tchad, n’a pas été revendiquée. Mais le gouvernement nigérien a déjà pointé du doigt Boko Haram, le groupe terroriste nigérian qui a prêté allégeance à l’Etat islamique. En conséquence, le Tchad a décidé mercredi d’interdire le port de la burqa et du turban pour des raisons de sécurité.

 

Bien que le groupe terroriste nigérian n’a pas, pour le moment, affirmé être à l’origine de l’attentat sanglant visant simultanément le commissariat central et l’école de police à N’Djamena, plusieurs indices permettent de le désigner assez sûrement comme le coupable. Boko Haram contrôle toujours un large territoire dans le nord-est du Nigeria. Et N’Djamena ne se situe qu’à 50 kilomètres de l’état de Borno, où le groupe terroriste est le mieux implanté, et encore plus près de la frontière avec le Cameroun qui est actuellement très poreuse.

 

De plus, comme souvent avec Boko Haram, qui conteste tout pouvoir non religieux, les bombes ont visé des bâtiments gouvernementaux – plus particulièrement de la police. Autre indice concordant, les auteurs de ces attaques ont utilisé des motos pour se rendre sur les lieux des attentats, puis prendre la fuite.  En outre Boko Haram rêve depuis des mois de rendre la monnaie de sa pièce au Tchad qui est sûrement l’Etat le plus fort au sein de la coalition régionale engagée dans la lutte contre le groupe terroriste. Dans cette optique, N’Djamena est une cible de choix pour Boko Haram qui veut démontrer que le Tchad est lui aussi vulnérable.

 

Deux jours après les attentes-suicides, le Tchad a décidé de prendre plusieurs mesures pour renforcer sa sécurité. Une de ces mesures – également appliquée pour des raiosns similaires au Congo Brazzaville – vise spécifiquement les stratagèmes mis en place par le groupe pour infiltrer des mieux publics et commettre ses méfaits. : »Le port de la burqa doit cesser immédiatement à compter de ce jour, non seulement dans les lieux publics et les écoles mais sur toute l’étendue du territoire », a annoncé mercredi 17 juin le chef du gouvernement tchadien, Kalzeube Pahimi Deubet, lors d’une adresse aux leaders des différentes communautés religieuses à la veille du début du ramadan.

 

En effet, Boko Haram a perpétré de nombreux attentats-suicides au Nigeria depuis six ans, utilisant notamment des femmes kamikazes dissimulant des explosifs sous leurs burqas. En réaction, la Tchad n’a pas fait les choses à moitié. Le premier ministre, Kalzeubé Pahimi Deubet, a ainsi annoncé que « le port de la burqa [devait] cesser immédiatement à compter de ce jour, non seulement dans les lieux publics et les écoles, mais sur toute l’étendue du territoire ». En outre, « des instructions ont été données aux services de sécurité d’entrer dans les marchés et de ramasser toutes les burqas qui y sont vendues et de les brûler. » Au Tchad, pays majoritairement musulman, il est prévu que « tous ceux qui refusent d’obtempérer et qui se hasarderaient à braver la mesure en portant la burqa doivent être arrêtés, jugés en référé et condamnés. »

 

Peu après les attentats de lundi, l’Etat avait déjà pris la décision d’interdire la circulation des véhicules à vitres teintées. La capitale avait également été quadrillée par les forces de police. Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. Dans le même temps, l’enquête se poursuit. Le parquet de N’Djamena a annoncé mardi plusieurs interpellations. Grâce aux caméras de surveillance, les deux kamikazes ont également pu être identifiés.

 

 

Publié le 18 juin 2015 à 11 h 10 min par Jean-Yves Denis

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