Rwanda : et si l’avenir appartenait au tourisme ?

Rwanda : et si l’avenir appartenait au tourisme ?

Faire venir des devises étrangères, attirer les investisseurs et redorer une image encore marquée par le génocide. Le tourisme est assez puissant pour réussir ce tour de force et le Rwanda l’a déjà bien compris puisque le nombre de touristes a été multiplié par 40 en l’espace de dix ans. Une ressource que les autorités développent malgré certains handicaps encore importants.

 

Le tourisme ne colle pas à la peau du Rwanda. Pourtant les deux pourraient devenir des synonymes pour des Occidentaux en mal d’exotisme et d’authenticité. En effet, depuis une décennie, le pays a adopté une « véritable stratégie de développement du tourisme » à en croire Maurice Twahira, le responsable de la communication du Rwanda Development Board (RDB). Et les chiffres viennent confirmer ces propos. Aujourd’hui plus d’un million de touristes se pressent au Rwanda, soit quarante fois plus qu’il y dix ans. Si les recettes restent relativement modestes (près de 300 millions de dollars) elles constituent une ressource non négligeables pour un pays dépourvu de devises étrangères.

 

Les ambitions sont grandes et l’essor enregistré ces dernières années n’est que la première étape d’un plan plus vaste pour attirer les touristes. Les autorités misent sur un atout fort estimable : la multiplicité des paysages et des activités dans un petit territoire de 26 000 kilomètres carrés. L’idée est de visiter les principaux centres d’intérêts pour touristes en une semaine. Du lac Kivu à la savane du parc national de l’Akagera, le Pays des milles collines évite la monotonie à des voyageurs en quête de découverte.

 

Une découverte qui doit être multiple car la principale attraction ne peut engendrer un flot discontinu de curieux. En effet, la rencontre avec les gorilles des montagnes ne peut devenir une attraction de masse à moins de faire de la région du Virunga un immense zoo à ciel ouvert et sans charme. La protection de la faune est une donnée essentielle et l’expérience des derniers grands gorilles des montagnes se monnaie environ 750 dollars par jour. Un budget qui n’est pas à la portée de toutes les bourses, qui permet de fait de ne pas détruire cet écosystème fragile, mais qui limite les recettes liées au tourisme. Le développement de d’autres grands centres touristiques est donc la priorité et nul doute qu’avec une politique volontariste, Kigali réussira à s’imposer sur le marché toujours porteur du tourisme.

Publié le 12 juin 2015 à 10 h 06 min par Laurent Fronsac

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