Cameroun : les services de santé toujours en grève

Cameroun : les services de santé toujours en grève

Le Cameroun vit une nouvelle grève de ses personnels hospitaliers qui font entendre leur voix en raison de conditions de travail toujours plus difficiles. Malgré les négociations entre le Gouvernement, aucun accord n’a pour le moment été trouvé et présage peut-être d’un durcissement du mouvement surtout après les manœuvres « dilatoires » dont est accusé l’exécutif.

 

 

Les conditions travail du personnel des hôpitaux publics se tendent depuis plusieurs années et l’exaspération est telle que les principaux syndicats tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. Plusieurs mots d’ordre se font attendre : le manque de personnel alors que selon  Hyacinthe Balla, ce sont 45.000 diplômés professionnels sont en chômage à travers le pays. Des personnels qui se sentent méprisés au regard des diplômes « mal libellés » par l’Etat. L’harmonisation de l’âge de départ à la retraite est également réclamée et l’on déplore «l’absence de prise en charge médicale des membres de leur famille, alors qu’une police d’assurance-maladie et assistance est souscrite au frais du contribuable, pour plus d’un milliard de Fcfa au profit des membres du gouvernement et de leur famille».

 

 

Les revendications sont donc multiples et cela rend la satisfaction de toutes les attentes assez peu probables. Les relations entre le Gouvernement et les syndicats des personnels hospitaliers se sont d’ailleurs sensiblement tendues après la publication d’un communiqué du Premier ministre affirmant que « la situation est revenue à la normale dans les quelques formations sanitaires où il avait été observé un mouvement d’humeur ». Une annonce qu’ont peu apprécié le Syndicat national des personnels des établissements du secteur de la santé du Cameroun (Cap/Santé) et le Syndicat national des personnels médico-sanitaires (SYNPEMS) qui ont démenti l’information dans la foulée.

 

Les mots d’ordre sont donc toujours d’actualité et la confiance avec le Gouvernement grandement diminuée après cette manœuvre jugée « dilatoire ». Selon les grévistes, aucun accord n’a été trouvé à cause de propositions vagues mises sur la table. Si les autorités ont bien conscience de l’importance de mener à bien un dialogue social – une plateforme a été mise en place depuis cinq ans – les effets sont encore peu visibles et les derniers événements montrent toute la fragilité de ce dialogue.

Publié le 10 juin 2015 à 9 h 50 min par Emmanuel Samba

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