Centrafrique : désengagement progressif de Sangaris

Centrafrique : désengagement progressif de Sangaris

Lancée en décembre 2013 pour mettre fin aux exactions entre musulmans et chrétiens en Centrafrique, la force française Sangaris s’engage dans la voix d’un retrait progressif du pays. Fort de 1 700 hommes, le déploiement français ne comprendra plus que 900 hommes d’ici la fin juin. Un retrait, mais surtout un passage de témoin aux forces onusiennes par ailleurs présentes dans le pays.

 

L’arrivée des troupes françaises de la force Sangaris avait été précipitée pour répondre à l’urgence à la fin de l’année 2013. L’intervention qui devait initialement durer six mois s’est enlisée dans les tréfonds centrafricains et dix-huit mois plus tard, les troupes françaises vont finalement se replier sans quitter toutefois le pays. Neuf cents hommes resteront contre 1 700 à l’heure actuelle. Le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’armée française, précise que le : «  dispositif va se recentrer sur la capitale Bangui. À partir de Bangui nous serons capables de nous déployer extrêmement rapidement en appui des forces de l’ONU mobilisées dans le pays ».

 

Le désengagement français se fait en concertation avec les forces de la MINUSCA (ONU). Avant la fin du mois d’août les troupes onusiennes compteront 10 000 hommes contre 8 500 actuellement. Les emprises militaires françaises de Bria et N’Délé ont déjà été transférées à la MINUSCA les 22 et 28 mai 2015 et trois hélicoptères Puma ont été retirés du dispositif.

 

Ce retrait s’effectue alors qu’une enquête a été ouverte au sujet de viols qui auraient été commis sur des enfants par 14 militaires français dont trois formellement identifiés par des victimes. Les faits auraient eu lieu entre décembre 2013 et juillet 2014 rendant difficile la présence française dans certains endroits. L’ONU et la justice française se sont saisies d’un dossier qui complique quelque peu une présence étrangère dans un pays encore incapable de surmonter seul les démons de la violence.

Publié le 8 juin 2015 à 10 h 07 min par Emmanuel Samba

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