Attaque de l’aéroport de Goma en RDC

Attaque de l’aéroport de Goma en RDC

Echanges de tirs dans la nuit de lundi à mardi lors d’une incursion d’hommes armés dans l’aéroport de Goma en RDC. Quantre militaires ont trouvé la mort ainsi qu’un assaillant. Trois autres ont étés capturés, ce qui a permis l’exposition du groupe responsable de l’attaque. Le « maître d’œuvre de toute cette entreprise » a aussi été arrêté mercredi matin grâce à l’interrogatoire de trois assaillants capturés.

 

Des hommes armés ont attaqué mardi, vers une heure du matin, l’aéroport de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Ils souhaitaient dévaliser les entrepôts du complexe. Les assaillants – munis d’armes blanches et de kalachnikovs, ont rencontré une résistance farouche des FARDC (armée congolaise) présente sur les lieux. Un officier de la Garde républicaine a pour sa part expliqué, sous le couvert de l’anonymat, que l’armée avait perdu quatre soldats lors de cette attaque. La cinquième personne tuée faisait partie des assaillants. Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, avait déclaré lors d’une conférence de presse que « des assaillants ont attaqué vers une heure du matin un dépôt des marchandises à l’aéroport de Goma ». S’en est suivi un accrochage avec des militaires commis à la garde du site qui sont intervenus pour les arrêter.

 

« Nos forces de sécurité ont tué un assaillant et blessé grièvement trois autres qui sont actuellement internés dans un hôpital de la ville », indiquait Julien Paluku. Et d’ajouter : « Notre priorité consiste avant tout à sauver leur vie pour pouvoir les interroger et remonter la filière. »

 

La stratégie a visiblement été payante : les Forces armées de la RDC ont arrêté mercredi une vingtaine personnes, parmi celles qui ont attaqué la veille l’aéroport de Goma (Nord-Kivu). Aux dernières nouvelles, ces hommes font partie d’un un groupe armé dénommé « Union des patriotes congolais pour la paix », Ils sont tous originaires de Butembo, grande ville du nord de la province du Nord-Kivu, pays majoritairement de l’ethnie Nande, a précisé le porte-parole du gouvernement.

 

Dans un communiqué officiel du gouvernement, le ministre des Médias, Lambert Mende, a indiqué que le cerveau moteur de cet assaut, Kambale Malonga, a aussi été pris dans les filets des forces de sécurité. Mais des sources provinciales parlent d’une vingtaine de personnes interpellées. Kambale Malonga a été arrêté grâce à la coopération des services d’intelligence d’un pays voisin dont les assaillants de l’aéroport de Goma utilisaient le réseau téléphonique, a ajouté ce communiqué. Le cerveau moteur de cette bande, Kambale Malonga, est un criminel opérant à Butembo, au Nord-Kivu, où il a recruté la bande de malfrats auteurs de cette agression avant de superviser leur voyage vers Goma et la perpétration de l’attaque sur l’aéroport.

 

Plusieurs armes à feu et des armes blanches ont également été récupérées au village Katalengwa de Munigi. Les villageois ont démoli une maison en planche. Ils ont expliqué que c’est là que se cachaient quelques combattants, auteurs présumés de cette attaque. « Des couteaux, des lances, liés avec des tissus rouges ont été trouvés dans cette maison. Ils ont également sorti deux sacs qui contenaient des armes et des cartons qui contenaient des revolvers. Cette maison contenait beaucoup de choses que nous ne pouvons pas décrire ici », a affirmé un villageois de Katalengwa.

 

L’Est de la RDC est déchiré par les conflits armés depuis plus de vingt ans. Et, près de 400 personnes y ont été tuées depuis le mois d’octobre dans une série de massacres attribués aux rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), présents dans la zone depuis 1995. Hier, Joseph Kabila honorait enfin sa promesse faite fin octobre de changer le commandement de ses troupes dans la région, inefficaces et corrompues selon la population. Le général Muhindo rappelé au commandement de son bataillon, le 31e, va donc être remplacé par le général Mbangu. Cette nomination semble également réjouir les chancelleries étrangères et la mission de l’ONU en RDC. Enfin et peut-être surtout, ce changement s’inscrit dans une reconfiguration plus large. Presque tous les commandants des régiments en place à Beni sont changés. Exemple, le colonel Dieudonné Muhima, soupçonné d’avoir trempé dans des trafics dans la région, voire d’avoir été impliqué dans l’attaque d’un convoi de la Monusco. Ou encore le colonel Tito, acquitté pour le meurtre du héros congolais Mamadou Ndala, mais en qui la population avait perdu toute confiance.

 

 

Publié le 3 juin 2015 à 18 h 17 min par Jean-Yves Denis

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