L’Afrique centrale est-elle une poudrière ?

L’Afrique centrale est-elle une poudrière ?

Dans une tribune parue le 25 mai dans le journal belge Le Vif, la situation en Afrique centrale est évoquée avec un certain pessimisme. En cause les violences qui prennent une ampleur dramatique au Burundi, mais aussi de mauvais augures qui planent sur le Rwanda, autre pays de la région qui portent toujours les stigmates du génocide de 1994.

 

Gérald Papy, rédacteur en chef adjoint du Vif signe une tribune dans laquelle il dresse un bilan assez terrible de l’état de l’Afrique centrale. Point central de son propos : le conflit au Burundi qui n’en finit pas. Il faut dire que l’enlisement meurtrier dans lequel plonge le pays donne raison à l’auteur. « Le Burundi concentre toutes les tares de la « vieille Afrique » ». C’est à dire absence totale de perspective économique et jeu démocratique atrophié, voire inexistant. « Persistance de la grande pauvreté après des années de guerre civile, transition politique fragile, clientélisme et, aujourd’hui, accaparement du pouvoir par le président sortant » sont autant de failles dans lesquelles se sont engouffrés les affres de la violence.

 

L’auteur reprend l’analyse de la géographe et économiste Sylvie Brunel qui douche les espoirs de voir s’élever une Afrique forte de sa population grandissante et d’une utilisation des technologies qui fasse entrer de plein pied le continent dans le jeu de l’économie mondiale. L’Afrique centrale serait l’exemple type de ces prétentions trop haut placées et le Burundi le malheureux et plus brillant exemple d’une Afrique qui ne fonctionne pas. S’il est impossible de donner tort sur le cas du Burundi, l’effet de poudrière évoqué est à relativiser.

 

Les prédictions néfastes pour le Rwanda sont tout sauf vérifiées pour le moment. Le Congo connaît une ébullition démocratique dont la concertation nationale entamée par le Président Sassou Nguesso est une bonne illustration et un pays comme le Nigeria s’affirme de plus en plus comme un moteur de l’Afrique que les puissances mondiales traitent avec considération. Le danger le plus imminent vient en fait de Boko Haram qui déstabilise plusieurs pays de la région. Ou comment éradiquer une menace vitale sans mettre à mal les principes démocratiques et le respect scrupuleux des droits de l’Homme ? Voilà la question centrale qui, si elle trouve une réponse calibrée fera de l’Afrique centrale un acteur majeur sur et en dehors du continent africain.

Publié le 1 juin 2015 à 10 h 04 min par Emmanuel Samba

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