Burundi : assassinat d’un leader de l’opposition

Burundi : assassinat d’un leader de l’opposition

Zedi Feruzi, le président de l’Union pour la paix et la démocratie (UPD), et figure bien connue de l’opposition a été assassiné samedi soir alors qu’il se rendait chez lui accompagné de ses gardes du corps. Les déclarations d’un témoin et victime de cet acte odieux accusent la police présidentielle. De quoi intensifier la plongée en eaux dangereuses au Burundi.

 

Coup de tonnerre à Bujumbura où l’opposant Zedi Feruzi a été victime d’une attaque par des hommes armés se déplaçant dans un véhicule Toyota. Touché à plusieurs reprises dont une balle dans la tête l’homme politique était clairement la cible de cette attaque préméditée. Jean-Baptiste Bireha, un journaliste à la radio locale de Bonesha-FM, se trouvait sur place et était en train de discuter avec M. Feruzi quand les assaillants ont fait feu. Blessé par deux balles, le journaliste a déclaré à l’AFP « se cacher par peur d’être tué ».

 

Son témoignage est pour le moins accablant puisque ce sont les services de sécurité de la présidence qui sont désignés comme responsables de cet assassinat.

Je les ai bien vus, ils portaient des tenues policières, celles que portent les gens de la garde présidentielle, je suis formel. Lorsqu’ils sont partis, ils criaient et ils chantaient, ils ont jeté des grenades pour faire peur ».

 

Fait étrange, la police n’était toujours pas arrivée sur les lieux une heure et demie après le drame. Pointée du doigt, la présidence s’est défendue par l’intermédiaire de Willy Nyamitwe, conseiller en charge de la communication. « C’est un choc. La présidence a appris avec consternation l’assassinat d’un membre de l’opposition, elle demande que la lumière soit faite d’une façon urgente afin que les coupables soient traduits devant la justice ». Pour les autorités, cet assassinat est un moyen de délégitimer le pouvoir en l’accusant d’un crime dont il n’est pas responsable. Le chaos profiterait aux opposants les plus farouches et la paix semble aujourd’hui hors de portée.

 

Publié le 24 mai 2015 à 10 h 00 min par Emmanuel Samba

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