Guinée: Cellou Dalein Diallo rencontre le président Alpha Condé

Guinée: Cellou Dalein Diallo rencontre le président Alpha Condé

Initialement prévu le 8 mai, la rencontre entre le président guinéen Alpha Condé et le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo a finalement eu lieu mercredi 20 mai à Conakry. Ce dernier a exprimé sa déception à l’issue d’un dialogue de sourds qui a duré presque une heure.

 

Les pessimistes qui disaient que l’on ne devait pas espérer grand-chose de cette rencontre avaient visiblement raison. Aucune décision n’est sortie de la rencontre entre le président guinéen et le chef de file de l’opposition, d’après ce dernier. La présidence, de son côté, a indiqué dans un communiqué que cette audience au Palais présidentiel de Conakry, qui a duré presque une heure, s’est déroulée à huis clos, dans un cadre apaisé. Il est vrai que du côté de la présidence, on souhaite une reprise du dialogue, ne serait-ce que pour que l’opposition mette un terme à la crise politique en Guinée, avec son lot de marches, de journées villes mortes et de manifestations qui ont perturbé le pays ces derniers mois. Au centre des discussions : le blocage politique sur les dates des élections.

 

A la tête de l’Union des forces démocratiques de Guinée, Cellou est le chef de file de l’opposition. Depuis une réunion à Paris le 23 mars avec les anciens premiers ministres Sidya Touré et Lansana Kouyaté, cette dernièer a musclé ses actions pour faire entendre ses revendications. L’objectif est d’imposer le respect des accords du 3 juillet 2013 – signés sous l’égide de l’ONU – prévoyant l’organisation des législatives et, dans une annexe controversée, la tenue des communales. Le point de blocage principal est la demande de l’opposition que l’on en revienne au calendrier électoral initial, c’est-à-dire à la tenue des élections locales avant la présidentielle.

 

Le 11 octobre prochain, les Guinéens voteront pour le premier tour de l’élection présidentielle. L’opposition rejette le chronogramme électoral proposé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui place la tenue d’élections locales – pourtant attendues depuis 2005 – en 2016, c’est à dire après la présidentielle. Elle réclamait la tenue des élections locales avant, car actuellement les maires sont remplacés par des délégations ad hoc qu’elle accuse d’être acquises à la cause du pouvoir en place. Selon le chef de file de l’opposition, et ex-Premier ministre, M. Condé ne veut pas d’un scrutin local par crainte d’une défaite qui jetterait le doute sur sa propre réélection.

 

L’opposition est ouverte au dialogue, mais s’est fermement opposée à des débats stériles, qui reviendraient à une perte de temps et des promesses en l’air pour diviser le mouvement. Cellou avait déjà annulé la première rencontre pour ces raisons, arguant que « quand même à la veille de cette rencontre je ne peux pas comprendre que la répression soit plus forte, plus cruelle, donc je préfère que cette rencontre qui a suscité beaucoup d’espoir se tienne dans un contexte plus apaisé et plus serein, pour que la rencontre soit plus productive. » Pour cette première rencontre du genre depuis plus de deux ans, les deux hommes n’ont pris aucune décision sur les points qui les divisent. « Lors de l’audience, c’est moi seul qui ai parlé. J’ai été déçu qu’on n’ait pas échangé. Je m’attendais à mieux que ça », a affirmé à l’AFP Cellou Dalein Diallo.

 

Les désaccords entre le pouvoir et l’opposition, on coûté la vie à 64 personnes depuis avril 2011 – la plupart, des jeunes militants abattus par les policiers et gendarmes. Le chef de l’Etat, Alpha Condé, dément ces accusations avec verve à chacun de ses entretiens. Pourtant des enquêtes sont en cours pour identifier les policiers et gendarmes soupçonnés d’avoir ouvert le feu sur les manifestants. De nouvelles manifestations ne sont pas à exclure. « Nous vous tiendrons informés de la décision que l’opposition prendra le lundi 25 mai. Mais dores et déjà on vous invite à être prêts », a lancé Cellou Dalein Diallo, ce samedi en assemblée générale de sa formation politique. Lors de sont intervention, le leader de l’union des forces démocratiques de Guinée a d’abord loué sans cesse la détermination et la mobilisation de ses nombreux militants qui animent le parti.  » Nous avons déjà beaucoup fait, c’est très difficile d’évaluer l’impact de notre lutte, mais il s’inscrit pour l’instauration d’une véritable démocratie. N’eut été votre dévouement, la Guinée serait tombée dans une nouvelle dictature. Le peuple de Guinée, reconnaissant, nous rendra hommage, l’Afrique et le monde entier. »

 

Publié le 23 mai 2015 à 9 h 47 min par Emmanuel Samba

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