Les présidents gabonais et maliens écoutés par la justice française

Les présidents gabonais et maliens écoutés par la justice française

Mis sur écoute par la justice française, l’homme d’affaires corse Michel Tomi semble entretenir des liens très proches avec les présidents gabonais et maliens, Ali Bongo et Ibrahim Boubacar Keïta. Des écoutes incidentes susceptibles d’écorner l’image de ces deux chefs d’Etat qui bénéficient de la générosité de leur ami entrepreneur ont été retranscrites dans la presse.

 

Le site d’information Mediapart a fait souffler un petit vent de panique dans les chancelleries avec la publication ce 22 mai d’extraits d’écoutes réalisées dans le cadre de la mise en examen de Michel Tomi pour corruption d’agent public étranger, faux et usage de faux, abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux et travail dissimulé. L’homme d’affaires corse met aujourd’hui à mal ses présidents d’amis avec des conversations très personnelles qui laissent penser que les trois hommes se rendent mutuellement service.

 

Savoir se rendre agréable pour devenir finalement indispensable. Tel semble être la devise de Michel Tomi pour réussir dans le monde des affaires. Sa technique lui réussit plutôt bien puisque l’on compte pas mois de deux présidents parmi ses amis. Des amis sensibilisés à ses causes au moyen de cadeaux onéreux (Range Rover, costumes sur mesure, prêt d’un jet privé, etc.). Le tutoiement est de rigueur et l’on prend même des nouvelles de l’état de santé de son interlocuteur.

 

La réponse officielle est encore attendue à Bamako et Libreville, mais les premiers échos sont forcément négatifs. Dans l’entourage du président gabonais on explique que la justice française aurait dû être plus discrète et se tenir à certaines « limites » alors que l’avocat français d’Ibrahim Boubacar Keïta s’est insurgé contre la mise sur écoute de son client bien qu’il s’agisse d’écoutes incidentes. Affaire à suivre.

 

Publié le 22 mai 2015 à 10 h 07 min par Jean-Yves Denis

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