Le Tchad : un acteur central et discret de la lutte contre Boko Haram

Le Tchad : un acteur central et discret de la lutte contre Boko Haram

Les attaques et atrocités perpétrées par les islamistes de Boko Haram au Nigeria et au Cameroun inquiètent la communauté internationale qui a toutefois tardé à réagir. Depuis plusieurs mois maintenant, une coalition de pays africains soutenus par la France a entamé une lutte aux résultats contrastés. La faute à l’absence de coordination et à une stratégie globale de long terme que le président tchadien essaie de mettre en place malgré les difficultés.

 

Boko Haram constitue une épine dans le pied du Nigeria, mais aussi pour tous les pays de la sous-région. Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad déploient depuis deux mois des troupes pour endiguer et anéantir le groupe terroriste, mais lors de la visite du président tchadien Idriss Deby à Abuja, le chef d’Etat n’a pas caché les efforts importants qui devaient encore être fournis pour que l’action menée porte ses fruits.

 

A l’heure actuelle, la concertation politique et militaire doit encore car si des villages ont été repris après des combats au Nigeria et que des incursions ont été repoussées au Cameroun, la menace reste entière. Sous l’insistance du président tchadien, la coopération prend un réel essor même si une lutte efficace doit s’inscrire sur le long terme et se faire sans arrière-pensée.

 

Si le Tchad se veut en pointe dans la lutte contre Boko Haram, le pays est pourtant discret sur le plan médiatique. Travailler à la destruction de la secte terroriste sans toutefois recevoir une publicité peut-être dangereuse. Le pays est en effet une cible potentiel et la déstabilisation de l’Etat un objectif pour les islamistes. La France pousse d’ailleurs le Tchad à tenir se rôle car Paris voit N’Djaména comme un verrou qui doit protéger l’ensemble de la région. Un verrou actif qui sert aussi les intérêts d’une ancienne colonie incapable de se projeter sur ce théâtre d’opérations. La guerre contre Boko Haram est essentiellement une question africaine qui ne pourra être réglée que par la coopération de tous les Etats en prise directe et indirecte avec ce groupe aux exactions déjà trop nombreuses.

Publié le 17 mai 2015 à 10 h 09 min par Emmanuel Samba

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