Paul Biya épinglé dans un rapport parlementaire français

Paul Biya épinglé dans un rapport parlementaire français

Les relations entre les anciennes colonies françaises et Paris ont la faculté de se tendre rapidement. C’est bien ce qui pourrait arriver avec pour cause principale le rapport de « la mission d’information sur la stabilité et le développement de l’Afrique francophone », présenté le 15 avril dernier devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française. Un brûlot contre la politique française en Afrique qui ne ménage pas le président camerounais.

 

« Illégitime ». C’est ainsi qu’est qualifié Paul Biya, président de la République du Cameroun dans un rapport porté par les deux députés français Jean-Paul Guibal et Philippe Baumel. Le ton est donné et certains parlementaires comme Elisabeth Guigou ne suivent pas cette saillie d’une rare violence. Le président et le gouvernement ne sont pas les seuls à subir l’ire de députés étrangers prompts à juger sans ambages.

 

« Le Cameroun, est l’exemple type du régime impopulaire, qui fait face à des contestations régulières, régulièrement réprimées, dans lequel l’opposition divisée est décrédibilisée, et le parti au pouvoir traversé de luttes de clans ». Rien ne serait donc viable au Cameroun si bien que « l’on peut très bien envisager un scénario à l’ivoirienne ou à la guinéenne au moment de la succession, c’est-à-dire un basculement plus ou moins lent dans une crise grave et durable ». L’après Paul Biya sera chaotique à en croire les augures français.

 

Et peu importe la couleur politique, les critiques fusent aussi de l’opposition. Ainsi le député Pierre Lellouche de l’UMP exprime une pensée quelque peu dérangeante et se demandant s’il est « raisonnable alors que ces pays doublent de population tous les vingt ans d’avoir une politique de sécurisation et qui consiste à maintenir au pouvoir les mêmes hommes politiques comme Paul Biya ? ».

 

Les coups portés au Cameroun (mais aussi au Niger) vont laisser des traces sans nul doute et le ministre français de l’Intérieur aura fort à faire pour calmer les esprits échauffés. Sa visite qui prend fin aujourd’hui à Yaoundé est très axée sur la sécurité en raison de la menace sérieuse constituée par Boko Haram. Des gestes forts sont attendus et une visite du Président de la République française au Cameroun serait perçue très favorablement après presque deux décennies d’attente. L’Afrique centrale est le parent pauvre de la relation entre la France et l’Afrique et souhaite collaborer étroitement sans être pointé du doigt.

Publié le 15 mai 2015 à 10 h 00 min par Emmanuel Samba

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